"Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine."
Le problème : face à la mondialisation, des petits producteurs de denrées, de textile, ou d'objets diverses, implantés dans les pays "sous-développés", ne parviennent pas à faire valoir leurs droits, et réussissent difficilement à vendre leurs produits. Ils tentent d'intégrer un marché où les grands producteurs sont valorisés. Dans de telles conditions, les grandes firmes, notamment les grandes surfaces, principaux distributeurs des pays "riches", savent bien qu'elles peuvent exercer le chantage, et imposent à ces "petits producteurs" des prix très bas, et ces derniers n'en retirent du coup aucun bénéfice. Leur premier moyen de défense contre ces méthodes est de se réunir en coopératives, afin d'avoir plus de poids dans les relations, et de fournir aussi plus de marchandises. Mais pour renforcer ce mouvement, l'"internationaliser", il reste une seconde solution...
le "commerce équitable"
Le principe : garantir aux petits producteurs de pays peu développés un tarif de vente minimal pour leurs produits, avec un surcoût volontairement accepté par le consommateur. Cette méthode leur permet de se développer. Elle permet par ailleurs de nous inculquer, à nous les occidentaux, un certain respect moral dans notre conception du commerce, pour plus de justice vis-à-vis de ceux qui en font encore et toujours les frais. Cela nous permet de connaître la provenance de ce que nous achetons.
Les avantages : développement des producteurs défavorisés, transparence sur la qualité du produit et responsabilité de l'acheteur, améliorations des conditions de travail, respect des droits des enfants, protection de l'environnement.
Les bénéfices des produits sont reversés par les importateurs aux producteurs, ou coopératives plus souvent, ce qui leur permet de se développer, de se renforcer, et aussi d'améliorer les conditions de vie, d'éducation, de santé, dans leurs communautés.
D'autre part, il faut savoir que les marques du commerce équitable contrôle en général la production de bout en bout : récolte, transformation, assemblage, vente.
Les représentants : l'IFAT (International Federation for Alternative Trade), qui a crée la FTO (Fair Trade Organization), laquelle réunit sous sa coupe la PFCE (Plate-forme pour le commerce équitable), AlterEco, Artisans du Monde et Solidar'Monde. L'EFTA (European Fair Trade Association), quant à elle, s'occupe des entreprises gèrant l'importation. Le réseau NEWS est celui des magasins spécialisés tandis que le FLO (Fairtrade Labelling Organizations) est celui de tous les labels, dont notamment Max Havelaar. Ces 4 grands groupes forment la FINE.
Quelques labels : Made in Dignity (Oxfam - Belgique), Bio Equitable, Fibre Citoyenne, Minga (France). (Pour une liste complète des labels français, consulter "le commerce équitable en 10 questions", disponible au téléchargement en bas de cet article)
Outre les produits alimentaires, il y a l'industrie du coton avec des marques de vêtements telles que Max Havelaar ou Ideo, ou de chaussures telle que Veja.
Vous pouvez également trouver vaisselle, objets d'art, jouets, ballons de foot, meubles, bijoux, huiles essentielles... Et aujourd'hui le système s'étend même à des "voyages équitables".
Notons que le label AlterEco reconnaît aussi une origine biologique de ses produits.
Les défauts : ce que l'on reproche au commerce équitable est de favoriser un peu plus la dépendance des pays défavorisés aux besoins des "pays riches", et moins leur développement autonome dans une culture alimentaire qui leur serait propre (point de vue altermondialiste). On lui reproche le peu de fiabilité de ses labels, et aux importateurs, de faire des profits et d'utiliser ce nouveau commerce comme un prétexte pour se démarquer des concurrents.
Les enjeux d'aujourd'hui : développer le système dans la grande distribution tout en surveillant les abus, valoriser autant les petits producteurs des pays "riches" que ceux du commerce équitable, et enfin développer l'économie intérieure de chaque pays défavorisé pour que chacun crée son propre "commerce équitable".
Les conséquences d'un développement général : la notion d'"équité" serait le moteur de la réforme complète du commerce international. Plus de capitalisme inégalitaire mais un commerce humanitaire.
par J.J.